Non, et la nuance qui compte est qu'elle en a pourtant l'air : l'application livrée s'installe sur l'écran d'accueil d'un téléphone comme une application native, mais elle a besoin du réseau à chaque écran. Elle ne le cache pas pour autant — sans connexion, une liste affiche « Serveur injoignable » au lieu de se présenter vide, et un formulaire en cours reste ouvert avec vos valeurs. Ce qu'elle ne fait pas, c'est stocker vos données sur l'appareil ni mettre vos saisies en file d'attente pour les envoyer plus tard. Si vous saisissez au bureau, à l'atelier ou en boutique, vous ne rencontrerez jamais cette limite ; si vous saisissez en zone blanche, vous la rencontrerez le premier jour, et cette page vous dit comment en tenir compte avant d'acheter.
« Installable sur le téléphone » n'est pas « fonctionne hors ligne »
L'archive livrée contient un manifeste web (`manifest.webmanifest`, affichage `standalone`) : votre application peut donc être ajoutée à l'écran d'accueil d'un téléphone, avec son icône et ses couleurs, et s'ouvrir en plein écran sans barre d'adresse. Visuellement, rien ne la distingue d'une application téléchargée sur un magasin d'applications, et c'est précisément ce qui induit en erreur.
Il manque pourtant la pièce qui rend le hors-ligne possible : le service worker, ce petit programme qui vit dans le navigateur et sert les pages et les données quand le réseau est absent. Il n'y en a aucun dans le code généré — c'est vérifiable en cherchant le terme dans l'archive. Une application installée sans service worker reste une application qui interroge le serveur à chaque écran.
Ce qu'elle fait vraiment quand le réseau manque
Elle le dit. Une liste qui ne peut pas être chargée affiche « Serveur injoignable. Vérifiez votre connexion. » — et non une liste vide. La distinction n'a rien de cosmétique : un écran vide se lit « il n'y a rien à voir », et on repart du chantier persuadé qu'aucune intervention n'y est enregistrée, alors qu'elles sont toutes en base.
À l'écriture, le formulaire ne se referme pas : il reste ouvert, rempli de ce que vous venez de taper, et affiche « Enregistrement impossible — vérifiez votre connexion puis réessayez. » Vous ne retapez donc rien ; dès que le réseau revient, un second clic enregistre. Mais il faut le dire sans détour : tant que vous n'avez pas cliqué avec du réseau, rien n'est enregistré, et fermer l'onglet avant perd la saisie — elle n'est conservée nulle part sur l'appareil.
Ce qu'elle ne fait pas, et l'ennui qu'elle s'épargne
Aucune de vos données métier n'est stockée sur le téléphone ou l'ordinateur : ni base embarquée, ni file d'attente d'envois différés. Il n'y a donc pas non plus de synchronisation au retour du réseau. Ce n'est pas une option désactivée quelque part dans les réglages — la fonction n'existe pas dans le produit, et il vaut mieux le savoir avant qu'après.
C'est une limite, et elle a un revers qu'il serait malhonnête de taire : sur les outils qui savent travailler hors ligne, la panne la plus souvent rapportée est la synchronisation elle-même — saisies perdues au moment de la remontée, doublons créés en double passage. Un outil qui ne met rien en file d'attente ne peut pas perdre sa file d'attente. Cela ne remplace en rien le hors-ligne quand on en a réellement besoin ; cela dit seulement que son absence ici est une absence franche, pas une demi-fonction sur laquelle compter à moitié.
Décider selon l'endroit où vous saisissez
La bonne question n'est pas « ai-je du réseau ? » mais « où est-ce que je saisis ? ». Au bureau, à l'atelier, en boutique, dans un entrepôt couvert ou le soir chez soi, la couverture est stable et cette limite ne se rencontre jamais. En chantier isolé, en cave, en sous-sol, en zone blanche ou sur une tournée rurale, vous la rencontrerez dès la première journée, et aucun réglage ne la fera disparaître.
Dans ce second cas, deux voies honnêtes existent. Garder pour la saisie de terrain l'outil qui sait travailler hors ligne, et réserver l'application générée à tout ce qui se fait au retour — suivi des affaires, planning, stock, indicateurs ; ou bien accepter la saisie différée, en notant sur le moment et en reportant une fois connecté, ce qui convient à qui relève quelques lignes par jour et pas à qui en relève cinquante. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est acheter en se disant que « ça se réglera plus tard » : il n'y a pas de réglage à trouver.